« Faire l'épreuve de l'être : retour au corps chez Heidegger » par Simon Tardif

La Chaire La philosophie dans le monde actuel vous invite à une causerie du Laboratoire de philosophie continentale mettant à l'honneur Simon Tardif.

Résumé de la communication
Notre communication reprend le reproche classique d'un « oubli du corps » chez Heidegger, tout en le réinterrogeant depuis un registre méthodologique. L'absence relative du corps (Leib) dans Être et Temps est relue comme le symptôme d'une contrainte de méthode que Heidegger reconnaît lui-même. Nous montrons que le corpus tardif — des Contributions aux séminaires de Zollikon et de Zähringen — reconfigure l'appareil descriptif heideggérien autour de la corporéité (Leiblichkeit) comme site d'inscription de l'histoire de l'Être, dans le contexte époqual du « dispositif » (Gestell). L'hypothèse centrale consiste à dégager dans ce mouvement une réduction pathologique, c'est-à-dire une réduction phénoménologique non pas décidée mais subie.

Notice biographique
Simon Tardif est candidat au doctorat à l'Université Laval (Québec) et à l'École normale supérieure (Paris), sous la direction de Sophie-Jan Arrien et de Christian Sommer. Sa thèse, intitulée « L'Archéologie du visible : Anthropologisation de la description phénoménologique à l'aune des sciences cognitives », s'attache à mettre au jour l'ancrage historique, matériel et cognitif à partir duquel toute description phénoménologique se possibilise et s'effectue. Plus spécifiquement, elle interroge les présupposés cognitifs requis par une description menée en vertu des règles et des principes de la phénoménologie (Husserl, Heidegger), tout en considérant, en contrepoint, les assises cognitives de ce qui est décrit. Ce travail s'inscrit dans la filiation critique de l'anthropologie philosophique allemande récente (Blumenberg, Sloterdijk), laquelle s'était attachée, non sans courage, à infléchir la phénoménologie vers un tournant « anthropologique ».

Image de la conférence
Date
Heure
16h00
Emplacement
Pavillon Félix-Antoine-Savard, salle 548