Présentation du colloque

Lettrine Te colloque La responsabilité de protéger. Écologie et dignité est un événement multidisciplinaire et international ouvert à tous organisé par la Chaire La philosophie dans le monde actuel.

Contexte

Alors que le plus important consortium d’experts internationaux, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), confirme que l’émission de gaz à effet de serre par l’homme est la principale cause du réchauffement planétaire, celui-ci constatait en 2014 que l’humanité n’a jamais autant pollué que depuis le début du XXIe siècle : « Les émissions anthropiques totales des GES [gaz à effet de serre] ont été les plus importantes de toute l’histoire de l’humanité entre 2000 et 2010 et ont atteint 49 (± 4,5) Gtéq [gigatonne d’équivalent] CO2 en 2010. »

En 2015, la conférence de Paris sur le climat (COP 21) a marqué la convergence des États dans leur volonté de limiter la hausse des températures en deçà du seuil critique de 2 degrés centigrades. Dernièrement, les États-Unis ce sont désolidarisés de ces engagements. Dans ce contexte, le Québec est d’autant plus appelé à « assumer son rôle de leader » de la protection de l’environnement auprès de la communauté internationale, comme l’avait affirmé le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à la conférence des Nations Unies sur le climat à Marrakech en novembre 2016. En effet, la position géopolitique du Québec le désigne naturellement à tenir le rôle de sentinelle aux avant-postes de la veille que l’humanité doit exercer sur la zone du Nord. Cette zone est d’autant plus sensible qu’elle est directement concernée par un réchauffement accru et par les conséquences des transformations du climat et de la fonte des glaces sur toute vie humaine, animale et végétale.

Objectifs du colloque

Le colloque La responsabilité de protéger. Écologie et dignité a pour but d’examiner la responsabilité de protéger l’environnement à la lumière de la dignité humaine. Le respect de la « la dignité inhérente à tous les mem­bres de la famille humaine » telle que décrite dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, appelle au respect de notre oikos (« habitat ») auquel renvoie le mot « écologie », bref de notre « maison commune ». Nous pâtissons tous de la grande détérioration de la planète Terre et l’action qui tente de s’y opposer doit trouver sa vigueur et sa mesure chez notre prochain. Ainsi, le rapport quotidien que nous entretenons avec la dignité d’autrui recèle la possibilité de briser le sentiment d’impuissance devant la tâche colossale qui attend l’humanité.

La dignité humaine est aussi le principe qui nous pousse à défendre la justice sociale et lutter contre la pauvreté et l’exclusion. Elle est donc aussi capitale pour l’écologie humaine qui occupe désormais une part importante de l’écologie mondiale selon la perspective de l’écologie intégrale qui sera mise de l’avant lors du colloque. Ce sera donc l’occasion de déterminer la pleine signification quant au « vivre-ensemble » qu’imposent nos rapports tant avec la nature qu’avec autrui, à commencer par celles et ceux qui sont les plus immédiatement exposés à la grave dégradation actuelle du Nord, s’agissant sélectivement des autochtones du Québec. D’ailleurs, ceux qui sont les plus touchés ne sont-ils pas, aussi, ceux dont nous devrions apprendre? Nous osons penser que la sagesse des peuples autochtones du Québec constitue un des ingrédients clé de la redéfinition des rapports de l’homme à la nature.

En somme, le colloque propose la dignité humaine comme nouveau paradigme à partir duquel penser, orienter et imprégner les actions visant à préserver les écosystèmes mondiaux et l’harmonie entre et dans les communautés humaines.

Retombées et rayonnement

Grâce à l’apport de nos partenaires et au rayonnement que nous souhaitons donner à l’événement, nous espérons faire évoluer les politiques relatives à l’écologie ainsi qu’aux droits des peuples autochtones. Un éveil accru au lien profond unissant la reconnaissance de l’éminente dignité de chaque personne humaine et la primauté du bien commun saura mieux encore, croyons-nous, mobiliser la population en faveur des politiques de développement durable et de justice sociale.